Le cheval au Maroc : le barbe, l’arabe-barbe et la Fantasia

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Le cheval au Maroc : le barbe et l'arabe-barbe

Une des plus anciennes races du monde, née au Maghreb, et le partenaire indispensable de la tbourida.

Au Maroc, le cheval n'est pas un loisir importé : c'est une présence ancienne, liée à l'histoire militaire, aux fêtes religieuses et à l'identité des tribus. Derrière chaque charge de Fantasia se tient une race façonnée par le climat et le terrain du Maghreb : le barbe.

En bref

  • La race : le barbe (ou berbère), une des plus anciennes races de chevaux au monde, originaire du Maghreb.
  • Le physique : format carré, profil souvent convexe, encolure puissante, croupe inclinée, queue attachée bas.
  • La qualité première : l'endurance et la solidité des pieds, plus que la vitesse pure.
  • Le croisement : l'arabe-barbe, mariage du barbe et du pur-sang arabe, très répandu au Maroc.
  • En Fantasia : un cheval de tbourida doit rester calme sous les détonations et la fumée — cela s'apprend des mois durant.

Le barbe, une race née du Maghreb

Le cheval barbe est originaire de l'Afrique du Nord, cette région que les géographes anciens appelaient la Barbarie — d'où son nom. Il compte parmi les plus anciennes races du monde et il a essaimé bien au-delà de ses terres d'origine : les cavaleries d'Europe et d'Espagne lui doivent beaucoup, et son sang se retrouve dans plusieurs races modernes.

On le reconnaît à un ensemble de traits : une silhouette de format carré, une tête au profil souvent convexe, une encolure forte et arquée, un garrot marqué, une croupe inclinée et une queue attachée bas. Rien de spectaculaire au premier regard, mais une construction faite pour durer.

Cavalier en tenue jaune sur un cheval blanc sous une arche peinte à Chez Ali
Le harnachement de fête : selle brodée, tapis, étriers travaillés.

Fait pour le terrain, pas pour la piste

Le barbe n'a jamais été sélectionné pour la vitesse pure. Il a été sélectionné pour porter un homme armé, toute une journée, sur un sol caillouteux, avec peu d'eau et peu de fourrage. D'où sa réputation : une endurance remarquable, des pieds durs, une rusticité qui pardonne les conditions difficiles, et un caractère vif mais coopératif.

Ce sont exactement les qualités qu'exige la tbourida : accélérer d'un coup, tenir la ligne, s'arrêter net au bout de la piste, recommencer.

L'arabe-barbe, le cheval de la Fantasia moderne

Le croisement du barbe et du pur-sang arabe donne l'arabe-barbe, qui rassemble l'endurance et la solidité de l'un avec la finesse, la légèreté et l'élégance de l'autre. C'est aujourd'hui le cheval le plus répandu dans les troupes de tbourida : assez rustique pour l'entraînement quotidien, assez beau pour la parade.

Les robes varient — gris, bai, alezan, noir — mais les troupes cherchent souvent l'homogénéité : une ligne de chevaux de même robe, harnachés à l'identique, fait une impression bien plus forte au moment de la charge.

Comment on prépare un cheval de tbourida

Le travail le plus difficile n'est pas le galop : c'est l'habituation. Un cheval fuit naturellement le bruit d'un coup de feu, l'odeur de la poudre, la fumée, les projecteurs. Il faut des mois pour qu'il accepte tout cela sans broncher, puis d'autres mois pour qu'il le fasse de nuit.

L'entraînement passe par des étapes simples et répétées : habituer aux détonations lointaines puis proches, monter avec le fusil, travailler en ligne à deux, puis à cinq, puis en troupe entière, apprendre à partir au signal exact et à s'arrêter droit. Le cavalier et son cheval finissent par se comprendre à la pression d'un mollet.

Artistes traversant l'arène la nuit à Chez Ali
Chevaux et cavaliers entrent dans l'arène : la sortie de nuit demande des mois d'habituation.

Le cheval dans la vie marocaine

Le cheval accompagne les grandes occasions : moussems, mariages, fêtes de village, accueil d'invités de marque. Les moussems, ces rassemblements saisonniers autour d'un saint local ou d'une récolte, sont souvent l'occasion d'une tbourida — celui de Tan-Tan, inscrit par l'UNESCO en 2008, réunit plus d'une trentaine de tribus nomades.

Le pays entretient aussi une filière équine structurée : haras nationaux, élevage, courses et concours. Le Salon du cheval d'El Jadida, rendez-vous annuel, consacre une large place à la tbourida et à ses meilleures troupes.

Voir les chevaux de près à Marrakech

Chez Ali, les chevaux ouvrent la soirée : les cavaliers escortent les voitures à l'arrivée, une course de haies se tient avant le dîner, et une petite exposition sur le cheval et la Fantasia est installée sur le domaine. La Fantasia elle-même clôt la nuit. Les écuries font partie du domaine depuis sa construction, au début des années 1980 — l'histoire du lieu le raconte.

Le détail du déroulé se trouve sur la page programme de la soirée, et les formules à 60 € transfert inclus sur la page menus et prix.

Barbe, arabe-barbe, pur-sang arabe : les distinguer

Les trois noms circulent ensemble et finissent par se confondre. Ils désignent pourtant trois chevaux différents, et la différence se voit à l'œil nu quand on sait où regarder.

Ce qui sépare le barbe, l'arabe-barbe et le pur-sang arabe.
BarbeArabe-barbePur-sang arabe
OrigineAfrique du NordCroisement des deuxPéninsule arabique
Profil de la têteSouvent convexe, busquéIntermédiaire, plus droitConcave, front large
Attache de la queueBasseMoyenneHaute, portée en panache
CroupeInclinéeLégèrement inclinéePlutôt horizontale
Qualité premièreEndurance, pieds durs, rusticitéEndurance et éléganceFinesse, légèreté, fond
En tbouridaLa base historiqueLe plus répandu aujourd'huiPrésent, moins que l'arabe-barbe

Le raccourci le plus fiable tient en deux points : la tête et la queue. Un profil busqué et une queue attachée bas, c'est un barbe. Un front large, un chanfrein creusé et une queue portée haut, c'est un arabe. Entre les deux, c'est un arabe-barbe — et c'est le cas le plus fréquent dans une sorba.

Le harnachement, pièce par pièce

Le harnachement de tbourida n'est pas un équipement, c'est une collection d'objets d'artisanat. Chaque pièce sort d'un atelier différent, et l'ensemble représente souvent plusieurs mois de travail cumulé.

Les pièces du harnachement et les métiers qui les produisent.
PièceSon rôleL'artisan
Selle brodéeHaute, elle maintient le cavalier debout sur les étriers pendant la charge.Sellier et brodeur
Tapis de selleProtège le dos du cheval et porte le décor le plus visible.Brodeur
ÉtriersLarges et travaillés, ils encaissent l'appui debout.Forgeron et orfèvre
Mors et bridePermettent l'arrêt net en bout de piste.Forgeron et bourrelier
PoitrailEmpêche la selle de glisser au départ ; très décoré.Bourrelier et orfèvre
MoukahlaLe fusil à poudre noire, souvent incrusté d'os ou d'argent.Armurier

C'est cette chaîne de métiers que l'inscription de la tbourida à l'UNESCO cherche aussi à protéger : les brodeurs et les armuriers disparaissent plus vite que les cavaliers.

L'habituation, étape par étape

Former un cheval de tbourida ne consiste pas à lui apprendre à galoper — il sait. Il s'agit de lui apprendre à ne pas fuir ce que tout cheval fuit : le bruit, la fumée, la lumière, la foule. Le travail se fait par paliers, et on ne passe au suivant que quand le précédent est acquis.

Les paliers de la préparation d'un cheval de charge.
ÉtapeCe qu'on travailleLe signe que c'est acquis
1. Détonations lointainesAccepter le bruit à distance, sans chercher à partir.Le cheval lève la tête puis se remet à manger.
2. Détonations prochesTolérer le coup et l'odeur de poudre à quelques mètres.Il reste en place, oreilles mobiles mais pieds immobiles.
3. Le fusil en selleSupporter l'arme au-dessus de l'encolure, puis le tir du cavalier.Aucune réaction au mouvement du bras.
4. À deux, puis à cinqTenir sa place dans une ligne, ni devant ni derrière.L'épaule reste au niveau de celle du voisin.
5. En troupe entièrePartir au signal, s'arrêter droit, recommencer.Le départ est simultané sans que le cavalier force.
6. De nuitRefaire tout cela sous les projecteurs et dans le noir autour.Le cheval charge comme de jour.

Chaque palier se compte en semaines et l'ensemble en mois. Les cavaliers disent qu'un cheval n'est vraiment sûr qu'à sa deuxième saison : la première, il obéit ; la seconde, il a compris.

Le barbe hors du Maroc

Le barbe n'est pas resté au Maghreb. Pendant des siècles, les chevaux d'Afrique du Nord ont passé le détroit, par les armées comme par le commerce, et ils ont marqué les élevages de la péninsule ibérique les premiers. Leur sang se retrouve dans plusieurs races modernes du pourtour méditerranéen et au-delà : c'est l'un des chevaux fondateurs les plus discrets de l'histoire de l'élevage européen.

Cette influence est longtemps restée peu documentée, parce que le barbe a été décrit en Europe par des voyageurs qui le confondaient avec l'arabe — les deux arrivaient par les mêmes routes et portaient des noms interchangeables dans les textes anciens. La distinction entre les deux races n'a été établie clairement que tardivement, quand les livres généalogiques ont été constitués.

Aujourd'hui, le barbe est élevé au Maroc, en Algérie et en Tunisie, avec des efforts de préservation de part et d'autre, et les chevaux marocains sont présents dans les concours internationaux de la race.

Les robes et leur vocabulaire

Quatre robes couvrent l'essentiel de ce qu'on voit dans une sorba, et leurs noms français ne correspondent pas à l'intuition.

Le gris naît foncé et s'éclaircit avec l'âge, jusqu'au blanc presque pur chez les vieux chevaux : un « cheval blanc » est presque toujours un gris âgé. Le bai a le corps brun et les extrémités noires — crins, bas des jambes, bout des oreilles. L'alezan est roux sans aucun noir : crinière et queue sont de la même teinte que le corps, parfois plus claires. Le noir, enfin, est uniformément sombre, y compris les crins, et il est plus rare qu'on ne croit : beaucoup de « noirs » sont des bais très foncés.

Une troupe cherche souvent l'homogénéité, et c'est là que le gris a un avantage pratique : il éclaircit en vieillissant, donc une ligne de gris reste visuellement cohérente même avec des chevaux d'âges différents, ce qui est plus difficile avec des bais ou des alezans.

Le pied, la vraie signature du barbe

Dans les descriptions de la race, un détail revient toujours et il passe souvent inaperçu : le pied. Le barbe a la réputation d'avoir des sabots denses, bien formés et résistants, capables de travailler sur du caillou sans se déliter.

Ce n'est pas un hasard de sélection, c'est une conséquence du terrain. Un cheval élevé des générations durant sur des sols secs et pierreux développe une boîte cornée plus dure qu'un cheval de prairie grasse. Les éleveurs du Maghreb n'ont pas cherché cette qualité : le pays l'a imposée, et les chevaux qui ne l'avaient pas ne travaillaient pas longtemps.

En tbourida, c'est décisif. Une charge, c'est une accélération brutale, deux cents mètres de galop et un arrêt net, répétés plusieurs fois dans la journée, sur une piste qui n'est pas un sol d'hippodrome. Le pied encaisse tout. Les cavaliers le savent : on juge un cheval de troupe au pied avant de le juger à l'allure.

Questions fréquentes

Quelle race de cheval utilise-t-on pour la Fantasia ?

Principalement le barbe et l'arabe-barbe, issu du croisement entre le barbe et le pur-sang arabe. Ces chevaux réunissent l'endurance nécessaire à l'entraînement et l'allure recherchée pour la parade.

Les chevaux ont-ils peur des coups de feu ?

Un cheval non préparé fuit la détonation. Les chevaux de tbourida y sont habitués progressivement pendant des mois, d'abord de jour puis de nuit, jusqu'à rester calmes sous la fumée et les projecteurs.

Peut-on approcher les chevaux Chez Ali ?

Les cavaliers escortent les arrivées et une exposition sur le cheval et la Fantasia est installée sur le domaine. Pendant le spectacle, l'arène reste réservée aux cavaliers pour des raisons de sécurité.

Comment distinguer un barbe d'un pur-sang arabe ?

Regardez la tête et la queue. Le barbe a un profil souvent convexe, busqué, et la queue attachée bas, avec une croupe inclinée. Le pur-sang arabe a un front large, un chanfrein concave et la queue portée haut, sur une croupe plutôt horizontale. Un cheval intermédiaire sur ces trois points est un arabe-barbe, le plus répandu dans les troupes de tbourida.

Combien de temps faut-il pour former un cheval de tbourida ?

Plusieurs mois, par paliers : détonations lointaines puis proches, port du fusil en selle, travail en ligne à deux puis à cinq puis en troupe entière, et enfin tout reprendre de nuit. Chaque palier se compte en semaines. Les cavaliers considèrent qu'un cheval n'est pleinement fiable qu'à sa deuxième saison.

Qui fabrique le harnachement de tbourida ?

Plusieurs métiers : le sellier et le brodeur pour la selle et le tapis, le forgeron et l'orfèvre pour les étriers et le mors, le bourrelier pour le poitrail, l'armurier pour la moukahla. Un harnachement complet représente le travail cumulé de plusieurs ateliers, et il se transmet souvent dans la famille.

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Voir les cavaliers ce soir

La soirée commence par une escorte à cheval et se termine par la Fantasia. Trois formules à 60 € par personne, transfert aller-retour gratuit : voir les menus.

Sources : UNESCO, Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité : tbourida (2021), moussem de Tan-Tan (2008). Les informations sur la soirée, les menus et les prix sont celles de Chez Ali Marrakech, mises à jour en septembre 2026.

Envie de vivre la soirée ?

Dîner, troupes folkloriques et Fantasia, transfert aller-retour inclus.

Chez Ali Marrakech

Le dîner-spectacle et la Fantasia de Chez Ali à Marrakech, réservés avec le transfert aller-retour gratuit depuis votre hôtel, par Traces Berbères Voyages.

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Tous les soirs, de 20h à minuit
Ouahat Sidi Brahim, Palmeraie, Marrakech

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